Qui suis-je?

Ma photo
Christophe Sims
"Si aligner des mots sur des feuillets pendant des jours et des nuits, des mois et des années fait un écrivain, alors disons que je suis écrivain"
Afficher mon profil complet

Acheter mes livres en ligne

Le monde est imparfait

 
Le monde est imparfait, mon amour. Mais il faut faire avec. Rien n’est à refaire non plus. Cela est impossible.
Elle aurait dit mais rien n’est impossible, il y a tant à apprécier.
Ne surtout pas faire comme s’il était parfait. Ne pas faire comme, faire avec. Le monde est autant merveille qu’imperfection. C’est une merveilleuse imperfection. Bien plus belle que nos délirantes illusions de perfection, car elle les contient. Contentons-nous donc de ce qu’il nous offre: ses rêves et ses cauchemars, ses beautés et ses drames, ses jours sombres et ses nuits lumineuses, ses rires d’enfants et la tristesse des vieux qui ont finalement cédé à la pente de l’âge, au prétexte de sagesse. C’est la fatigue au vrai, je crois, qui nous fait renoncer. Pourquoi, alors que pour le corps, nous sommes bien obligés de constater qu’il n’y a pas grand-chose à faire, malgré nos cocasses et artificielles tentatives de conserver une forme juvénile, ne nous obstinons-nous pas à tenter de rester jeune en esprit ? De rester l’enfant que nous avons tous, certainement été. À conserver ces émerveillements premiers, à jouir de ces incommensurables douleurs, incommensurables parce que premières et que nous ne savions pas à l’époque qu’il y en aurait bien d’autres, bien pires, par la suite, reléguant les premières à leur vraie place, celle des douleurs de débutants. Pourquoi ne pas jouir de ses inestimables beautés, comme nous l'avons tous vécu, petits? Je me souviens de découvertes bouleversantes, des premières trahisons de la vie.
Tu veux dire, celles de la famille? Oui, as-tu jamais bien réalisé que c’est auprès de ces gens-là, de celle qui t’a mis au jour, puis nourri, de ceux qui t’ont choyé ou haï que s’ancrent les premiers repères qui vont nous guider tout au long du chemin ?

Une des plus grandes imperfections du monde est celle que les physiciens nomment l’entropie. En gros, si j’ai compris ce que tentait de m’expliquer ma prof de physique il y a bien longtemps –elle doit déjà en être rendue à l’état de ce qui se trouvait dans ses éprouvettes : une sorte de soupe où s’entrechoquent à toute berzingue des molécules, diverses, colorées et parfumées. C’est amusant de penser que finalement tous les profs de physique finissent par se transformer en, se réincarner dans, si l’on peut dire, le contenu des éprouvettes de verre qu’ils font manipuler sans illusion  à des cohortes d’adolescents, qui à quelques exceptions près, destinées à reprendre le flambeau de leur travail ingrat et répétitif de prof, ne manifestent au mieux qu’un intérêt contraint aux merveilles qu’ils leur font approcher. On ne peut pas remettre le dentifrice dans le tube quand il en est sorti, ou encore, reconstituer le bois quand il a brûlé.

Poussières d’étoiles. Nous sommes de la poussière d’étoiles. Chaque atome qui nous compose et qui compose l’intégralité de l’univers connu, nous y compris, a été forgé au creux de ces immenses fourneaux nucléaires que sont les étoiles. Poussières d’étoiles nous sommes et poussières redeviendrons. Logique. Atome et rayonnement, énergie qui va se dégradant.
Au fur et à mesure que le temps passe, je ressens, moi aussi, à mon échelle, cette dégradation. C’est le principe d’entropie appliqué aux hommes. Ici, on l’appellera le temps. C’est, je crois, la plus grande imperfection du monde : il est soumis au temps.

    Le bizarre en effet c’est que nous ne sommes pas du tout ce que nous étions à notre naissance. Chaque cellule de notre corps d’alors a été remplacée par de nouvelles. Chaque cellule est morte et a été remplacée plusieurs fois. Sauf peut-être mes neurones, enfin ceux qui ont survécu jusqu’à présent, rien de ce qui me compose n’est identique à ce qui me composait il y a quelques années. C’est un fameux couteau de Wittenberg, qui reste le même alors que successivement sa lame et son manche ont été remplacés. Nous sommes dans le même cas. Le vrai bizarre c’est que nous ne sommes déjà plus ce que nous étions il y a quelques secondes, quand par exemple, j’ai commencé cette phrase et que nous serons certainement déjà autre quand tu auras fini de la lire.
Mais le temps ne se contente pas de nous soumettre à cette perpétuelle et paradoxale métamorphose, où nous ne sommes jamais et pourtant restons toujours le même, il fait pire. Pour le peu qui nous permet d’avoir l’illusion de notre conservation, de notre continuité, de notre singularité, le temps a trouvé encore mieux. Il nous rend acteur de son action. C’est ce que l’on appelle l’histoire. Nous sommes tous inscrits dans une généalogie. Nous ne somme pas que nous-même, nous sommes un maillon dans une chaîne généalogique, dont nous ne pouvons échapper, en tout cas, en ce qui concerne l’amont.

      Pour l’aval, c’est à dire nos descendants peut-être pouvons nous bien évidemment nous empêcher de créer de la vie, de nous reproduire. Ce verbe est particulièrement abject. Il ne s’agit pas de reproduction, encore que l’acte physique participe incontestablement à ces fameux plaisirs de la vie évoqués auparavant, -mais maintenant, je sais (et j’ai cru comprendre que nous étions quelques milliards à le savoir) qu’il peut y avoir acte hétérosexuel sans nécessairement reproduction et encore moins intention de, -  mais simplement de faire jouer, au hasard des rencontres, des affects et des pulsions, la grande loterie du brassage génétique. Nos enfants sont différents de nous, même s’ils sont nos enfants, mais surtout, leur temps est différent du nôtre. Leur époque que nous traversons à pas lents sur le déclin de notre trajectoire, s’habillera un beau matin de notre absence. À voir grandir mes fils, je vois ma propre mort qui approche. C’est le travail du temps.  Nous arrivons parfois, par instants, à lui arracher des bribes d’éternité, des suspensions de bonheur qui durent un peu. Ne pas tomber dans l’illusion. C’est bon, c’est beau de voir jouer ses petits au soleil. C’est bon. Mais bientôt, la course reprendra, les hurlements aux oreilles, nous devons bien un jour ou l’autre recommencer à avancer à tâtons dans ce tunnel dont la sortie débouche sur un néant encore plus noir que la nuit d’encre d’où nous émergeons.

© 2005 Le journal d’Armona/Christophe Sims

Tout le savoir est dans l'humanité

Tout le savoir est dans l’humanité. Le monde n’est pas tant qu’il n’est pas pensé par un esprit. Et c’est à travers cette pensée que progressivement il se dévoile à lui-même.

Les mots s’effacent. Il ne reste rien pour dire le monde. Ne reste que le réel, c’est à dire l’indicible, c’est à dire pire que rien, du vide sous de l’apparence. Car rien, c’est au moins quelque chose, c’est un mot. Peut-on imaginer un monde sans même le mot pour le nommer ou celui contraire qui nomme l’absence, la béance, le néant, le vide, le rien ? La situation est ici, pire. Imagine-t-on une chose pour laquelle il n’y a plus de mot? Une immense et éternelle et profonde ombre, une épaisse noirceur sans fin, un silence absolu. Cela ressemble au vide spatial, cela ressemble aux camps de concentration nazis.
La nihilisation passe par la suppression de ces mots pour dire autant que par la suppression physique des victimes. D’où l’extrême importance des murs de mémoire, où restent gravés leurs noms. C’est tout ce qui leur reste, c’est tout ce qu’il en reste et c’est fondamental. Nous devons protéger la mémoire et protéger les mots qui la porte.
Le monde est imparfait et pourtant, il a tout pour ne pas l’être. Est-ce que son imperfection ne viendrait pas de l’imperfection de l’esprit qui le pense? Des esprits qui en le pensant, l’inventent à lui-même. À proprement parler, l’inventant, ils le créent. Et au passage, se créent eux-mêmes, esprits appartenant à l’ordre de l’univers, aux choses de ce monde. Ils en sont parties. Ils se créent aussi, évidemment. Nos esprits donc, faibles et impuissants face au réel, créent un monde qui leur paraît plus supportable parce qu’habité, involontairement de sa part, plus au moins consciemment de la nôtre-, d’un début d’intelligibilité.
    Il n’y a pas de loi dans la nature. Il n’y a que des phénomènes dont les structures et les interactions apparentes se révèlent peu à peu à nos yeux d’aveugles, à nos esprits malingres. Tout d’abord, nous n’y comprenons rien en général. Alors un de nous a le culot de proposer une explication, qui donne l’impression que nous comprenons : un dieu, une loi, un outil mathématique. Et en apparence ça marche, (à quelques détails près : le soleil et les étoiles tournent autour de la terre. Dieu a créé l’univers en sept jours). Jusqu’à ce qu’un autre, plus tard, arrive à convaincre ses contemporains que ces explications ne sont que fariboles, plaisanteries et qu’il a lui, une meilleure explication.
        Il y perd souvent la tête. L’église met des siècles à s’en excuser. Et puis un autre arrive qui renvoie cette explication si élégante et si troublante au rang des mythes enfantins. Une autre explication chasse la première. On prétend maintenant que pour que l’univers soit comme il nous apparaît, il fallait bien quelqu’un pour régler avec tant de précision la machine ; qu’à la moindre variations des conditions initiales, l’univers n’aurait pas pu naître ou en tout cas être ce qu’il est, sous nos yeux ébaubis. C’est évidemment aussi faux que les explications précédentes. C’est confondre l’observation avec l’explication, c’est prendre l’apparent pour le réel, c’est à dire des vessies pour des lanternes. Car le réel est ce qu’il est et s’il s’impose à nous, on ne peut en fait absolument rien en dire de sérieux, et encore moins de vrai. La vérité n’est qu’une suite d’erreurs rectifiées.

La vérité avance à reculons, masquée, les yeux bandés, une torche éteinte à la main dans un monde obscur dont elle ignore tout et surtout ce qu’il est.



© 2005 Le journal d’Armona/Christophe Sims

What the heck is Twitter for? - Telling the color of the cat may be an answer

“THIXOTROPIES” is the first ever novel Twittered in French. A fragmented text seems against the very nature of a book which is a closed and tangible object. However it's an opportunity to explore new leads in the literature and publishing worlds.


PRLog (Press Release) – Aug 04, 2009 – “THIXOTROPIES” is the first ever novel in French posted on Twitter. It started on Aug 1st, 2009 at 17h (GMT).
Each Tweet (Twunk (?) ) cannot exceed 140 characters. Publishing a novel in fragments may seem contradictory with the very nature of a book, which is a closed and tangible object. The project offers however opportunities to explore the new leads opened by the microblogging in the literature as well as in the publishing worlds.

Follow @christophesims

If the media requires a kind of truncation, the text has not been created under the 140 chars’ rule. The twunks are more an adaptation to the media that a writing matrix.

The most innovative aspect lies on the reader’s and book buyer’s side. By definition a book buyer ignores the content of what he or she is paying for, since the content can only be known once the book is read. Buying a book is buying a cat in a bag .

This is all about revolution: “The French Revolution”, is the first ever novel Twitted in the US since July 14th by Matt Stewart, a Californian writer, when some Twibooks have already busted the million readers line in Japan.
Here lies perhaps the Twitter’s revolution in publishing: there is no need anymore to buy the book to know what it is about. The author twitts it and, tweet by tweet, fragment by fragment, the reader is able to taste the text: You knowthe color of the cat.

But reading on a screen is not easy. That's why, pleased or not, but fully informed, you may decide to buy the book if you wish. The text may be either downloaded for a cheep price in an electronic version; it’s then possible to print it, though the ultimate result is not a real book.
The printed book may also be ordered - directly to the author (POD) or through a publisher and/or a bookseller who can still play a role if they adapt to this new situation.
All attempts made until now to create electronic books have failed. For a simple reason: giving to an e-book the printed book’s appearance combines the disadvantages of both. It's a bit like giving the shape of a horse to a car: the driver would seat atop of it.
No, the electronic medium should be used for what it is: immaterial, virtual, without weight, without pages nor paper (nature friendly), more nomadic in its way than its 500 years old predecessor the book, readable from any internet linked terminal or phone.

Roland Barthes wrote in a premonitory way: "A text is made of multiple writings, drawn from many cultures and that dialogue with each other... But there is a place where this multiplicity focuses, and this place is not the author ... It’s the reader: the reader is the very locus where resound all ... all the quotes of which a writing is made; the unity of a text does not lie in its origin but in its destination. "(in The rustle of language, Essais critiques IV, 1984).

Many wonder what Twitter is for. Yes it’s truly in its multiple destinations - i/e in and by its readers - that the book lives. This is why at the very least Twitter should make the literature and publishing worlds think: a new relationship between writer and readers is born. Now you can tell the color of the cat before buying it.

à quoi diable peut donc bien servir Twitter ? - à connaître la couleur du chat : article pour Slate

à quoi diable peut donc bien  servir Twitter ?
- à connaître la couleur du chat


Le premier roman en français publié sur Twitter s’intitule Thixotropies. Sa diffusion a commencé le 1er Août.
On peut le suivre @christophesims

Twitter vient de to tweet qui signifie en anglais gazouiller. D’où l’oiseau du logo. C’est le dernier service de microblogging à la mode dont le principe consiste à répondre en moins de 140 signes à la question « qu’est-ce que vous faites en ce moment ? »
Question apparemment sans aucun intérêt. Car qui se soucie à ce que je fais en ce moment ? Curieusement, Twitter connaît cependant depuis fin 2006 un développement exponentiel. Faut-il en déduire que l’exhibitionnisme même virtuel est la motivation principale des usagers du Net?
D’autant que contrairement à d’autres plateformes comme Facebook, Twitter est fondamentalement asymétrique : chacun choisit qui il souhaite suivre sans que le suivi ne puisse rien y faire.
A moins que Twitter offre quelque chose de nouveau.

La règle de base Twitter est donc élémentaire : pas plus de 140 caractères par twitt (message).
La fragmentation d’un roman par paquets de moins de 140 signes peut sembler contradictoire avec la nature même d’un roman-livre, objet clos (même si le roman peut ouvrir sur des perspectives infinies) et tangible.
Depuis 15 ans, toutes les tentatives faites par les éditeurs pour créer un livre électronique ont échoué. Pour une raison simple : donner à un livre électronique l’aspect d’un livre papier cumule les inconvénients des deux. C’est un peu comme donner la forme d’un cheval à une voiture : on s’arriérait dessus.
Non, le support électronique doit être utilisé pour ce qu’il est, comme Slate par exemple : un support immatériel, sans poids, sans pages, sans papier, encore plus nomade à sa manière que son ancêtre le livre, consultable qu’il est depuis n’importe quel terminal relié à Internet.
Ce nouveau mode de publication pose des questions de fond à la littérature d’autant que le mouvement ne va pas s’arrêter là. On peut facilement anticiper à moyen terme un système marchand, avec abonnement et twitters payants.

Il permet cependant d’explorer les nouvelles pistes tant littéraires qu’éditoriales ouvertes par le microblogging.


D’un point de vue littéraire, Les Twilivres (livres publiés sur Twitter) connaissent un succès impressionnant en extrême Orient et particulièrement au Japon, où plusieurs auteurs ont atteint le million de suiveurs. La culture des Mangas trouve assez facilement un prolongement dans cette littérature. Mais il y a une autres raison méconnue,  linguistique celle-ci. La règles des 140 caractères s’applique aussi aux idéogrammes, qui sont plus que des signes. 140 idéogrammes équivalent peu ou prou au même nombre de mots dans une langue alphabétique, soit en français, avec une moyenne de 5 caractères par mots, un équivalent de 600 à 700 signes. Les textes ne sont donc plus fractionnés avec la même fréquence quelque peu déstructurante (ou au contraire trop structurante) que la règle impose aux systèmes alphabétiques.
En France, la limite du nombre de signes renvoie aux travaux de l’Oulipo. Le groupe Twitter 140car travaille dans ce sens. Un distingué grammairien  affirme même que Twitter améliore les capacités cognitives et linguistiques de ceux qui s’y livrent.
Mais si le media impose la fragmentation du texte, Thixotropies, comme d’ailleurs The French Revolution, roman twitterisé - ne pourrait-on pas écrire en français gazouillé ?- aux USA par Matt Stewart depuis le 14 Juillet, n’ont pas pour autant été rédigés sous la contrainte des 140 signes.
il s’agit plus d’une adaptation au support que d’une matrice d’écriture.


L’aspect le plus innovant de Twitter concerne le monde éditorial.

Par définition, un acheteur de livre ne sait pas ce que celui-ci contient, puisque, par définition, il ne pourra savoir ce qu’il contient qu’une fois qu’il l’aura lu. Sauf à se rabattre sur les critiques littéraires ou la bouche à oreille.
Mais le jugement des critiques n’est pas imperméable à toutes sortes de pressions, modes, renvois d’ascenseur ou simplement erreurs d’appréciation. Le bouche à oreille, comme dans le jeu du téléphone des enfants, est d’une pertinence d’autant plus distordue que la chaîne des interlocuteurs est longue.
D’où l’accent mis par les éditeurs en terme de marketing –que ce terme est laid - sur le titre, l’illustration et la quatrième de couverture pour différencier le livre de la masse des publications.
Dans tous les cas, il s’agit de faire confiance à autrui. Le lecteur ne pourrait-il pas s’en remettre directement à l’auteur ?
Il ne reste donc que de se fier à la réputation de l’écrivain ou de se livrer au hasard. Tout ceci est bien humain mais finalement on ne sait pas ce qu’on achète.

Au fond, acheter un  livre c’est acheter un chat dans un sac.

Là est peut-être la révolution qu’apporte Twitter : il n’est plus besoin de payer le livre pour le connaître. L’auteur le gazouille librement sur le réseau et le lecteur peut goûter, apprécier, fragment par fragment, le texte.
Il connaît la couleur du chat avant d’acheter.
   
Puis, si il le souhaite, il pourra alors décider de mettre la main à la poche, en toute connaissance de cause. Soit télécharger à très pas prix une version électronique, charge à lui de l’imprimer (sans pour autant au bout du compte avoir un vrai livre.)
S’il est intrinsèquement bibliophile ou, il pourra aussi commander le livre papier directement à l’auteur (PoD) ou par l’intermédiaire d’un éditeur et/ou d’un libraire, qui peuvent encore jouer un rôle s’ils s’adaptent à cette nouvelle donne.   
   
Roland Barthes écrivait de manière prémonitoire : « Un texte est fait d'écritures multiples, issues de plusieurs cultures et qui entrent les unes avec les autres en dialogue… Mais il y a un lieu où cette multiplicité se rassemble, et ce lieu, ce n'est pas l'auteur … c'est le lecteur: le lecteur est l'espace même où s'inscrivent… toutes les citations dont est faite une écriture ; l'unité d'un texte n'est pas dans son origine, mais dans sa destination.» (in Le bruissement de la langue, Essais critiques IV, 1984).

Beaucoup se demandent à quoi diable peut servir Twitter. C’est bien dans ses destinations multiples que le livre vit, c’est à dire ses lecteurs. Ce qui fait qu’à tout le moins, Twitter devrait faire réfléchir le monde de la littérature :  une nouvelle forme de relation de l’écrivain avec ses lecteurs est en train de naître.



Christophe Sims.

Autoportrait Véridique

Né Anglais, d’origine Russe, je suis Français plus par éducation que par ascendance. J’ai grandi (dans toutes les acceptions du verbe) en France, dans une famille de femmes. J’y ai fréquenté l’école de la Liberté, cela ne s’invente pas, école publique, laïque et républicaine d’une capitale de province conservatrice et cléricale.
Lesté de quelques diplômes (Droit, Anglais et Science de l’éducation), j’exerce à mes moments perdus des fonctions universitaires, après avoir tâté de et pratiqué - non sans insuccès -, divers métiers.
J’ai depuis longtemps pressenti qu’écrire consiste à raconter des histoires, non pas à partir des souvenirs et encore moins de souvenirs de rêves, mais bien de rêves de souvenirs.
Écrire, c’est tisser des rêves avec des souvenirs. Donc, si pour écrire il faut savoir rêver, il faut aussi des souvenirs. Pour cela, il faut vivre. Donc j’ai vécu.
Pendant des années, une vie. Des amours, des enfants, des départs, de grandes et petites blessures, de grands et petits bonheurs, des amis, des livres, des jours et de nuits. Et pendant des années, je ne suis parvenu qu’à accumuler des débuts, des ébauches, des incipits mort-nés, des recueils inachevés, des textes impossibles.
J’ai aussi lu. On ne lit jamais trop.
Prolongeant l’errance familiale, je parle, lis et écris couramment cinq langues, ce qui, avec la maîtrise plus ou moins sommaire d’une demi-douzaine d’autres verbiages, facilite le voyage.
Je partage maintenant mon temps entre la Bretagne et le Portugal où je consacre enfin l’essentiel de mon inactivité, de préférence sous le soleil, à mes addictions favorites que sont dans un ordre indistinct l’amour, la mer et l’écriture, qui sans être probablement des figures équipotentes, me paraissent, depuis l’âge d’homme, les seules choses sérieuses au monde.